Chase, James H

James Hadley Chase

 

       
 

Qu'est ce qu'on déguste ! - 1939

On a beau être un Don Quichotte, quand on prend en photo une rouquine beaucoup trop belle pour avoir la vertu de Dulcinée, l'eau vous monte à la bouche. Et quand on a été obligé pour ça de se planquer derrière un orgue de salon, reporter ou pas, on réfléchit. On se demande qui c'est, au juste, ce mystérieux M. Morgan qui vous a engagé pour tripoter l'objectif, et, ce que contient l'enveloppe bien scellée que la fille a remise à un certain malfrat qui fait dans le chantage. La curiosité étant toujours punie, fini de rêver qu'on goûte à la rouquine. Ce qu'on déguste, c'est tout autre chose !

 
 

Les bouchées doubles - 1939

Une petite péquenaude, oui, peut-être... mais une tigresse en son genre et qui n'a nulle intention de moisir dans son patelin. Quand l'occasion se présente - en la personne de l'inquiétant et sinistre Dillon, le tueur aux dents longues - elle la saisit par les cheveux. Et les macchabées qui s'amoncellent ne l'arrêtent pas. Son appétit ne le cède en rien à celui de Dillon et s'il faut mettre les bouchées doubles, pourquoi pas ?

 
 

Le corbillard de madame - 1940

Vassi était bien ficelé sur sa chaise. Quand les boules tombèrent dans le récipient, une vapeur blanche s'en échappa. Vassi, pour éviter la fumée, voulut retenir sa respiration. Moi, derrière la vitre, je le regardais, bouleversé. Pas seulement parce que c'est terrifiant, l'agonie d'un homme assassiné au nom de la Justice. Mais parce qu'avant d'entrer dans la chambre de mort, Vassi m'avait murmuré qu'il était innocent. Et moi, je l'avais cru.

 
 

Méfiez vous des fillettes - 1941

Elle vit ses yeux et comprit qu'il allait la tuer. Le regard vide, implacable de Raven la paralysa.
- Non... dit-elle en pleurant, non, tu ne vas pas...
- T'auras pas mal si tu te laisses faire, dit-il d'une voix douce en joignant ses mains autour du cou de la fille.
Elle voulut se débattre, mais il était trop tard.
Raven, un genou entre ses seins, la maintenait.
- Non, mais regarde cette crasse !... Quand j'aurai le quartier en main, mes putains ne vivront pas comme ça.

 
 

Miss Shumway jette un sort - 1944

Chercher la femme n'est jamais simple. Surtout lorsqu'elle n'a pas vraiment disparu, ne se cache pas et possède un don très sûr pour rendre fou les hommes. Miss Shumway n'est pas n'importe qui, loin s'en faut ! Prestidigitatrice remarquable usant de ses talents pour alléger les pigeons de leurs grosses coupures, elle est aussi belle que vénale et n'a peur de rien. Aussi, lorsque deux arnaqueurs lui proposent l'affaire du siècle, elle n'hésite pas longtemps. Quitte à se retrouver possédée par la plus vieille des magies mexicaines. De celle qui permet de faire parler les chiens ou de se dédoubler... Le journaliste Ross Millan qui devait mettre la main sur elle pour assurer à son patron des unes fracassantes, n'est pas au bout de ses peines. A fortiori si d'autres fous furieux s'en mêlent… 

 
 

En trois coups de cuiller à pot - 1944

Une petite ville de province, c'est pas forcément un havre de verdure, un ilot de vertu, un enclos préservé où s'ébattent de braves jeunes gens sous l'œil attendri de leurs aînés.  Ce peut être aussi le repaire de spéculateurs en tous genres, de joueurs professionnels, de tueurs.  Imaginons donc deux petites villes voisines - l'une est sage, l'autre perverse. 
Imaginons la Jeanne d'Arc de la bonne petite ville qui décide de bouter les truands hors de la méchante petite ville...  Et ceci, en trois coups de cuiller à pot ! Eh bien, on ne peut que lui souhaiter bon vent, tout en se bouchant les oreilles pour ne pas entendre la pétarade des pistolets automatiques.
 

 
 

Eva - 1945

Un jeune auteur à succès fêté par tout Hollywood, sollicité par les plus grands cinéastes, fiancé à une femme charmante et dévouée, s'amourache brusquement d'une prostituée qui ne lui témoigne que froideur et mépris.
De cette histoire banale en soi, James Hadley Chase a su tirer un récit passionnant et c'est avec une émotion poignante que l'on atteint à un dénouement autant bouleversant qu'implacable.

 
 

Le requiem des blondes - 1945

«- Tu vas te tirer d'ici et me faire le plaisir de ne plus y remettre les pieds, dit le costaud en m'agrippant par le gilet. On n'a pas besoin de vermines dans ton genre pour venir nous espionner.
Je lui pris le doigt par lequel il m'avait agrippé et le lui retournai comme un rien. Le gros lard s'affaissa sur ses genoux comme une marionnette avec un hurlement de douleur.
- T'es une vraie frangine, dis-je en l'aidant à se relever. Alors... si on ne peut plus plaisanter...»

 
 

Douze balles dans la peau - 1946

Les durs eux-mêmes ont parfois besoin de vacances. Et, Paradise Palms, plage du Pacifique, que Chester Cain a choisi pour venir se détendre un peu, semble un lieu de villégiature idéal.
Un matin, au réveil, Cain découvre un cadavre en tiers entre sa maîtresse et lui. Du coup, la police locale se retourne contre le touriste. Et le touriste se voit contraint de décrocher sa panoplie de "dur".
Chassez le naturel - il revient au galop !

 
 

Elles attigent  - 1946

Le monde, c'est bien connu, est une vaste jungle. Mais, dans certains faubourgs, ce n'est plus une jungle, c'est une réserve naturelle où profitent les jaguars : les Grecs, spécialistes du couteau ; les pédés, ces méchants cobras ; les tueurs, ces tigres ; les maquereaux, ces crocodiles. Mais les plus vicieux de la ménagerie, ce sont encore les panthères. Autrement dit ces dames.

 
 

Faites danser le cadavre - 1946

A chacun ses petites manies. Quand on est milliardaire, on peut se payer les fantaisies les plus extravagantes. Kester Weidmann, pour sa part, était prêt à lâcher une fortune pour s'offrir un zombie. C'était une idée fixe. Jusqu'au jour où le cadavre déjà embaumé de son frère disparut sans crier gare. Envolé, le frangin, comme si un grand prêtre vaudou l'avait transformé... en zombie précisément.

 
 

N'y mettez pas votre nez - 1947

Que Netta Scott se soit suicidée en se collant la tête dans son four à gaz, voilà qui m'étonnait beaucoup. C'était une fille ravissante, adorant la vie qu'elle passait volontiers en compagnie des hommes, dans un plumard.
Lorsque j'ai voulu me livrer à une petite enquête, j'ai rencontré un tas de gens qui me recommandaient de ne pas y mettre le nez. Si les cadavres se volatilisent, c'est parce qu'ils peuvent resservir.
Et les filles ont parfois de curieuses ceintures de chasteté.

 
 

La chair de l'orchidée - 1948

Vingt ans ont passé depuis le kidnapping de Miss Blandish. Dans un hôpital psychiatrique retentit, en pleine nuit, un cri d'horreur suivi du hurlement terrorisé d'un chien de garde. Une jeune démente vient de s'enfuir. Aussi fabuleusement belle que dangereuse, Carol Blandish porte dans ses veines la folle hérédité criminelle de son père. Elle est aussi la plus fascinante expression de la douceur de sa mère. Un démon dans l'enveloppe charnelle d'un ange. Une proie, par ailleurs richissime, que tout le pays va traquer. Les uns pour la récompense, les autres pour le prestige, d'autres encore pour des motifs toujours plus troubles… La malédiction Blandish perdure. Comment, dans ces conditions, ne pas vendre chèrement sa peau? La chair de l'orchidée, publié après Pas d'orchidées pour Miss Blandish, est la suite de ce classique absolu.

 
 

Traquenards - 1948

Un trio édifiant. Le premier était un assassin, un nazi, un raté et un pas beau. Le second, lui, était un fort joli garçon. II était également assassin. Et disciple du marquis de Sade. Quant à la troisième, c'était le genre épave. Voleuse, mais elle gâchait le métier. Et complètement sourde, avec ça.
Avec cette fine équipe, on pouvait s'attendre à tout.
Même à ce qu'ils choisissent, pour théâtre de leurs violences et de leurs folies, une paisible demeure de la verte campagne anglaise.

 
 

Garces de femmes - 1949

Je savais qu'il n'aurait pas fallu toucher à ça au bout d'une gaffe de six mètres.
La sonnette d'alarme continuait à résonner dans mon cerveau et elle me disait que ce gros représentant en chair fraîche me prenait pour un corniaud. J'étais persuadé que toute cette histoire à la gomme n'était qu'un tissu de mensonges. J'aurais dû lui dire d'aller se foutre dans un lac. Ça m'aurait évité d'être poursuivi pour assassinat.

 
 

La main dans le sac - 1949

Afin de pouvoir rencarder son petit ami Harry en quête d'un coup magistral, Julie se fait engager comme femme de chambre chez un richissime constructeur d'avions.
Elle obtient tous les renseignements désirables sur le fonctionnement de la fameuse chambre forte, où la femme de l'industriel garde ses fourrures et ses bijoux. Le résultat parait acquis d'avance.
Mais soudain quelque chose surgit, qui fiche tout par terre.

 
 

La petite vertu - 1951

On devrait toujours se méfier des fréquentations de bistrots. Harry, un photographe ambulant, fait la connaissance d'un vieux poivrot qui tout d'un coup l'accuse de lui avoir fauché son portefeuille. S'il arrive à prouver son innocence, c'est grâce à une fille au visage angélique.
C'est aussi en toute innocence qu'elle commet des larcins et plante même à l'occasion des couteaux dans le ventre de ses victimes.

 
 

Dans le cirage - 1951

Tout le monde me l'avait bien dit. Miami, c'est un bon coin pour un millionnaire, mais pas pour les fauchés dont je fais partie. D'après eux, j'avais une chance de gagner correctement mon bœuf en remontant sur le ring. Pour moi, c'était bien fini, mais le fric en revanche, ça me tentait toujours...
J'en ai en effet palpé et comme je m'étais toujours juré de le dépenser à la pelle, j'ai balancé une fortune sur une foule de badauds, en me baladant sur la corniche d'un immeuble, au 22e étage.
Mais d'autres m'attendaient à une fenêtre d'angle...

 
 

L'abominable pardessus - 1951

La guerre, le « close-combat », ça, je connaissais. Et c'était pour mes qualités supposées d'ex-commando que le dénommé Sarek m'avait engagé comme garde du corps. Mais la guerre des nerfs, ça me rendit tout de suite nerveux. Parce que, avec mon poussah de nouveau patron, sa femme beaucoup trop belle pour lui et son incroyable, son effroyable pardessus qu'il devait porter même au lit, il y avait de quoi faire déserter toute une division d'élite.

 
 

Du gâteau ! - 1952

Depuis quinze ans, la police et les compagnies d'assurances cherchent, sans succès, à retrouver les bijoux appartenant au maharajah de Chittabad. Il y en a pour quatre millions de dollars, une paille !
Et soudain tout un petit monde commence à s'agiter, car un financier au bord de la faillite a l'idée de récupérer le magot qui est bien planqué quelque part, mais où ? Pour le savoir, il prend contact avec un fourgue qui lui recommande un tueur.
L'affaire se présente assez bien, ma foi, mais les filles sans papa et les océans savent garder leurs secrets. 

 
 

La culbute - 1952

Une veuve joyeuse Non. D'abord parce qu'elle n'était pas veuve. Pas tout à fait. Son richard de mari italien, paralysé, était un mort vivant. Le déclassé que j'étais, l'homme qui vivait d'expédients, devint fou d'elle au premier regard. Et c'est comme ça que je ne vis pas le fossé qui se creusait devant moi, et au bout duquel m'attendait la culbute. Et lorsqu'un jour enfin elle me proposa, moyennant cinquante millions, de l'aider à faire de ce mort vivant un mort définitif, je fis seulement semblant d'hésiter. Quoi qu'on en dise, quand on a l'amour, mieux vaut le fric que l'eau fraîche.

 
 

Rien ne ne sert de mourir - 1953

M. Maurer a un excellent slogan : " Ventre ouvert – bouche cousue. " Les macchabs, il le sait, n’ont pas pour habitude de raconter des histoires.
Seulement voilà…
Conrad, lui, est prêt à sacrifier les joies de la famille pour protéger la veuve et l’orphelin.
Et les témoins, ça ne se trouve pas sous les pieds d’un cheval.
De plus, Conrad les préfère vivants, quand ils sont du sexe faible.
Maurer contre Conrad… c’est une histoire fertile en surprises. Parfait amour et crime parfait… ou presque.

 
 

Ca n'arrive qu'aux vivants - 1953

S'il n'y avait pas les fins de mois difficiles, on ne se plaindrait pas. On a un bon boulot, une bonne petite femme, de bonnes petites idées d'honnêteté. L'avenir n'est pas folichon, mais c'est mieux que rien. Et puis un jour on embarque une belle fille dont la bagnole est en panne. Et elle vous fait rêver. À son corps. Et à son fric. Car manifestement, du fric, elle en a. Et des projets, et des promesses. Alors, sans presque s'en rendre compte, on vire au salaud intégral, et le sang et la mort ne sont pas très loin...

 
 

Un tueur passe - 1953

L'homme au complet brun écarta les rideaux d'un coup d'épaule et fit un pas en avant. Vif comme l'éclair, il passa la cordelière par-dessus la tête de la fille et la serra autour de son cou. Lui appuyant un genou au creux des reins. il la projeta en avant, à quatre pattes. Il se laissa alors tomber sur elle et la maintint au sol. La cordelière mordit dans la chair, transformant le hurlement d'angoisse en un gémissement presque imperceptible. Il accentua la pression de son genou entre les omoplates et l'étreinte de la cordelière. Il mâchait toujours régulièrement son chewing-gum.

 
 

Délit de fuite - 1958

«J'avais devant moi une carrière toute tracée. Seulement j'ai eu le malheur de me laisser embobiner. Mignonne à croquer, Lucille, la femme de mon patron, voulait apprendre à conduire à l'insu de son mari, pour lui faire une surprise. Mais la surprise, c'est à moi qu'elle devait la réserver : elle avait écrasé un flic au volant de ma bagnole et pris la fuite. Et dire que pour la sortir de ce pétrin, j'étais prêt à prendre ça à ma charge. Quel ballot !»